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Boris Gourévitch
L'univers de Pi - V2.57
modif. 13/04/2013



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Les anciens éditos pour les nostalgiques...
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Re-bonjour à tous !

presque trois ans que je n'ai rien proposé en édito. Bon, c'est vrai le temps passe, je pensais que cela faisait moins longtemps... Depuis le dernier édito et ma soutenance de thèse, je suis parti au Canada pour un post-doc intensif et puis tout s'enchaîne... le boulot, le couple, les sorties, les amis, les déménagements etc... pas besoin de rechanter un couplet que tout le monde connaît ;-) Il est vrai qu'il faut être un petit peu ermite (au moins sur les bords) quand on fait des maths ou que l'on maintient des sites internet, si si. En tous les cas je n'ai absolument pas abandonné mon petit Pi et j'ai d'ailleurs passé quelque temps au Canada à traduire des pages pour la toujours promise version anglaise !! (mon Arlésienne personnelle)

Bien sûr, pour cette version anglaise, rien n'est fini, bien sûr je suis toujours mauvais en anglais, bien sûr j'ai toujours besoin d'aide et elle ne vient pas. Bon c'est normal, hein, les gens n'ont pas que ça à faire non plus... Quoique... En juin prochain, le site fêtera ses 9 ans, tout de même hein ! Le signe que le temps passe, c'est que je revois de moins en moins bien les souvenirs relatifs à cette période. C'est aussi pour cela que j'aimerais en coucher quelques-uns sur ce "papier" avant que la tourbillonnante évolution du net n'emporte tout cela. Car croyez-moi, le net a bien changé en 9 ans et pourtant, je n'étais déjà pas le premier à y débarquer. Ma première expérience avec le net date de début 1997, à l'époque où, pour remplir mon classeur historique déjà consacré à ma passion Pi, j'étais allé à la bibliothèque d'Orléans et j'y avais découvert des pages qui existent encore aujourd'hui, mais qui vous donneront un aperçu de l'ambiance de cette époque. Je veux parler de la page de Borwein et Garvan sur Ramanujan. Oups ! Croyez-moi, elle a été rafraîchie, c'était encore plus austère ! Le web avait seulement quatre ans et pas encore toutes ses dents.

A l'époque, je me méfiais beaucoup de l'Internet. Toujours très visionnaire, je trouvais que le net ne contenait pas grand chose d'intéressant et je prédisais qu'il ne se développerait pas très vite. :-) Je n'y suis retourné que près de deux ans plus tard et là, j'ai (enfin) compris. Le XXIe siècle serait connecté. Il fallait faire quelque chose pour ne pas rater le train. Ce qui est bien avec la gente masculine (orgueil, ambition, besoin de reconnaissance et indifférence à l'isolement), c'est que les projets peuvent aller vite, surtout quand on combine cela avec une sortie de prépa m'ayant introduit aux joies de la vie d'ermite. Six mois intensifs, sans en parler aux potes, à l'abri dans un campus de campagne isolé et hop, le plus gros du site était fait.

Il fallait trouver où héberger ce site et comment le faire connaître. Les choses ont aussi bien changé. Il faut déjà imaginer que l'on trouvait à l'époque une majorité d'hébergeurs gratuits. Le modèle qui consiste à faire payer les internautes pour un service de pages personnelles n'existait pas encore car personne ne savait vraiment comment faire de l'argent avec le web. Voire il ne fallait pas en faire. De toutes les façons, il n'y avait pas assez de clients potentiels. Mygale.org était ainsi un site communautaire, avec certes des moyens limités mais avec un réel esprit qui attirait les webmasters de tout poil. De même que Respublica ou Tripod. Geocities était LE site de pages perso américain, un vrai bordel de pages où l'on n'arrivait que par hasard mais jamais si l'on passait par le portail geocities. Le site altern.org était la référence de l'hébergement alternatif, avec une page d'accueil encore plus austère que celle de Google. Un certain Valentin Lacambre, son fondateur, était le gourou du net dont la parole était crainte et respectée. Et puis vers 2001 les hébergeurs ont commencé à se racheter, à changer de nom (Mygale est devenu Multimania, puis une sous-marque de Lycos). Quelques pages illustrant l'esprit de l'époque journal du net, transfert.net. Le contenu des sites web a commencé à faire monter la pression sur les hébergeurs. Au bout de quelques scandales et amendements (car la législation sur le net était vide, encore davantage qu'aujourd'hui), Lacambre a fini par déclarer forfait et s'en est allé fonder Gandi.net avec un certain succès ! Les hébergeurs ont commencé à faire payer les internautes ou à foutre 4 carrés de pub sur chaque site, etc... Les choses étaient devenues intenables pour moi vers 2003. J'ai migré sur free, puis un mécène m'a offert l'hébergement quelques années. J'ai fini par payer mon hébergement il y a 18 mois, une dizaine d'euros par an car après tout ça ne tue personne. Mais pour moi, l'hébergement gratuit et grand public était bel et bien mort.

Il faut dire également que les premiers pas de mon site ont eu lieu sur une toile sans Google. Croyez-moi, c'était douloureux... Altavista était LA référence des moteurs de recherche, lente et indigeste, ainsi que Yahoo qui était davantage un annuaire (on devait inscrire son site) qu'un moteur. Remarquez, pour référencer son site, c'est presque toujours aussi compliqué. Grâce à un compteur statistique heureusement déjà disponible, je traquais tous les premiers visiteurs de mon site pour savoir d'où ils venaient. Je rêvais de les rencontrer, j'étais comme un gosse ! Mais surtout, ce qui a bien changé, c'est l'esprit et le contenu même du net. J'ai fait mon site à une époque où tout le monde voulait sa page personnelle. C'était la mode, la folie. Une fille mettait la radio de son tibia sur sa page perso et l'on criait au génie. Notez d'ailleurs que les pages perso étaient souvent tenues par des trentaines et quadragénaires plutôt que des petits jeunots. Il y avait des émissions de radio (Zikweb, RTL), de télé (Clicomédie, France 2) qui présentaient les sites web. Et les gens parlaient de leur passion. Non, ils n'en parlaient pas, ils la montraient. Ils l'arboraient, fièrement ou juste pour partager, dire j'existe et proposer du contenu avec leur propre personnalité. Et il y avait même des récompenses, comme les nets d'Or, qui dénichaient les meilleurs sites web. J'ai eu l'honneur de gagner le concours en section sciences en 2000 et d'emporter un portable PC (quand même !). Distinction remise par Charles Berling, Dominique Casagrande (goal du PSG) et Laurent Boyer, sponsorisée par France Télécom. Du gros, du lourd. J'étais tout content, tout naïf, je ne comprenais pas tout cet intérêt.

Et puis les pages perso sont passées de mode. Bien sûr il n'est pas facile de maintenir un rythme de mise à jour régulier, car la vie, tout simplement, vous fait passer d'une envie à une autre. Les blogueurs le savent bien d'ailleurs, combien de blogs sont abandonnés après quelques semaines. Voyez le palmarès des nets d'Or 2000, combien de sites existent encore ou sont maintenus ? Le problème, c'est au'il n'y a pas eu de renouvellement des pages perso ni de l'intérêt pour elles. Le dernier concours des nets d'Or a eu lieu en 2003, j'ai découvert cela récemment. Quelle décadence tout de même !! 2003, une période qui a vu un vrai changement du net. Le web est devenu collaboratif d'une part. Wikipedia est apparu, et les connaissances ont été d'un coup transférées vers un support très riche mais aussi très froid. Voyez la page de Pi sur Wikipedia. Un jour, elle sera plus complète que mon site, mais ce n'est même pas sûr. Car personne n'est là pour l'organiser, d'une certaine façon, d'une façon un peu tordue parfois mais au moins avec des choix. Les gens ont préféré commencer à raconter leur vie et faire partager leurs pensées plutôt que proposer du contenu. Ce fut l'émergence des blogs. Et puis les services sur le web ont connu une grosse poussée avec l'arrivée du web 2.0. Tout à coup, agenda, réseau de potes, photos, météo et actualités, tout était gérable et consultable sur le net en un clic.

Aujourd'hui, je ne vous cache pas que je me sens un peu seul en tant que webmaster de pages perso. Non pas que je sois particulièrement nostalgique du net de l'avant guerre, car après tout l'évolution est inéluctable et nécessaire. Et plus de gens ont accès au net désormais, c'est important. Pas encore assez de gens d'ailleurs, surtout dans les pays en voie de développement. Mais je regrette juste un peu la période folle de la découverte et la vraie spontanéité des pages perso, voire leur vraie créativité. Avec deux bouts de tableau et trois couleurs vives, c'était unique. Douloureux pour les yeux, mais unique ! Il est possible que le phénomène des blogs connaisse le même sort, mais ne me croyez surtout pas, vous avez vu comme je suis visionnaire... Je vois les gens surfer maintenant et tomber sur de vieux sites en disant "c'est moche, bouh, je ne reste pas". Ah la la, scrogneugneu, moi qui ai toujours eu un site moche, surtout au début, ça ne m'a jamais empêché d'avoir des visites et de susciter un peu d'intérêt, bien plus que je n'en attendais en tous les cas. Donc pitié pour les amateurs, c'est l'essence du net. Vous remarquerez qu'avec la machinerie technique nécessaire pour gérer les blogs, chacun raconte sa vie au sein d'une page absolument austère et sans âme la plupart du temps. C'est un peu dommage quand même. Car les blogs s'accrochent à un moment, une période. C'est donc comme les paroles, ça s'envole. Les sites pourris, eux, ils restent. Et je les aime.

Boris


A bientôt pour de prochaines aventures au pays de Pi le merveilleux (environ tous les trois mois ans, oh non j'espère plus vite !).
Salut !

 

 

 

 


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