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Boris Gourévitch
L'univers de Pi - V2.57
modif. 13/04/2013



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L'Edito
Mars - Avril 2001

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D'autres photos de votre serviteur

Les anciens éditos pour les nostalgiques...
avril 2000, mai/juin 2000, juillet/août 2000, septembre/octobre 2000, novembre/décembre 2000, janvier/février 2001


Bonjour à tous !
En ce mois de mars, c'est une petite révolution qui s'amorce pour votre serviteur. En effet, voici mon dernier mois d'études formelles qui commence, c'est à dire qu'après de bons et loyaux services pendant près d'une vingtaine d'années, je vais quitter les bancs de la "classe" pour m'envoler dans les stages et autres thèses dans un premier temps. Le temps de la petite enfance est révolu ! Adieu bégaiements spirituels et bachottages à la crème... Vous me manquerez !
Un changement de rythme prononcé qui ne manquera pas d'avoir une certaine incidence sur ce site...
En effet, je serais bien incapable de vous dire si mes longues soirées d'hiver (mais aussi d'été en fait !) seront consacrées à mon loisir préféré, si j'aurai encore le temps, l'environnement, la motivation, bref l'esprit pour avancer dans cette quête perpétuelle de l'exhaustivité sur mon ami Pi...
Aïe, aïe aïe, une petit baisse de régime ?? Non, n'y pensez pas, ce sont simplement des interrogations. Depuis plusieurs années que je suis plongé dans les mathématiques (car c'est un bain, que dis-je, une véritable douche parfois, croyez-moi...) et que j'ai à peu près conscience de l'avancement de mes connaissances sur le sujet (bref, depuis la prépa) la projection dans le futur n'a jamais cessé de m'angoisser.
Vous me direz, c'est un mal classique, on était bien en tant qu'étudiant, pas trop de soucis et de responsabilités relativement, une voie à peu près tracée aux quelques échéances d'importance près (concours !), le raisonnement est commun. On en connait même certains qui font un peu durer le plaisir (des noms !), oh, voyons, n'en avez-vous jamais rencontré, vraiment ?
Cela dit, maintenant que j'arrive à l'entrée de mon cursus stage/thèse, je ne vais guère pouvoir y échapper ! Viré comme un ancien étudiant respectable, mais qui a fait son temps !
Certes, certes, j'aurai encore le statut pendant les trois années prochaines, mais le rythme n'aura plus guère de rapport...
En outre, ma motivation était en fait légèrement différente lorsque je m'interrogeais sur le futur. Car, voyez-vous, en bon idéaliste comme on en fait plus que selon les recettes de grand-mère, j'aimais apprendre et découvrir petit à petit quelques arcanes d'une science assez exceptionnelle comme les mathématiques. Merci sans doute à un ou deux profs dont j'aurais aimé qu'ils illuminent d'autres élèves, merci sans doute aussi à la pratique profonde des mathématiques. Cette science si particulière demande en premier lieu un engagement total dans l'apprentissage du langage, ce qui n'est d'ailleurs pas forcément suffisant pour apporter la motivation (il n'y a qu'à voir mon niveau en langues étrangères :-) ! ). Mais ce qui me semble extraordinaire, c'est l'enthousiasme suscité par la reconstruction des formules, et autres théorèmes... Si vous n'avez jamais ressenti le plaisir provoqué par l'apparition progressive d'une incroyable formule sur Pi sur votre papier après plusieurs heures de méditation et délires équationnels par exemple, vous ne savez pas ce que vous manquez ! Ah, c'est le pied... C'est intense, l'impression (illusoire !) de mieux comprendre l'univers tout à coup, d'être comblé par son effort solitaire et sa satisfaction de l'avoir mené à terme, d'être fasciné par l'esthétique et la simplicité d'une expression qui vous parait tout à coup évidente et simple d'accès alors que le cheminement fut long et douloureux...
Car il n'y a pas science où cette maxime - à mon sens - s'applique aussi manifestement : Les idées les plus naturelles sont celles qui viennent en dernier. Je ne sais plus qui l'avait formulé en premier, il me semble que c'est Hadamard. C'est en tous les cas devenu ma devise, dans la mesure où je réfléchis assez lentement !
Dans ces instants, on regrette souvent de ne pas avoir un peu plus de puissance mathématique dans ses pauvres neurones, mais on se contente déjà de sa compréhension... Il me semble d'ailleurs que c'est pour cette raison qu'un grand mathématicien n'est pas le meilleur conseiller en matière de pédagogie, puisqu'il ne s'est pas heurté aux difficultés du plus grand nombre, voire des amateurs... Moi qui ai tout juste pénétré cette mêlée, je peux vous dire que j'ai assez bien conscience de ce qui est abstraitement facile et des obstacles à peu près infranchissables qui se dressent devant mon intuition ! Tout ce qui différencie un matheux d'un mathématicien...
Mais je m'éloigne - comme d'habitude ! - de ce dont je voulais vous parler... Vous dire simplement que comme tout langage - et plus particulièrement celui-ci - la mémoire se brouille progressivement au cours des années... Saurai-je encore manipuler une petite série entière dans dix ans ? Cette question dramatique :-) d'apparence anodine me hante quelque peu car c'est tout un pan de ma culture qui partirait... J'observe quelques amis sur le net qui tentent de se remettre aux mathématiques après une dizaine d'années de purgatoire. L'intuition ne se perd jamais vraiment, mais les fondations à assimiler sont impressionnantes... Car si dans certaines disciplines, on peut aborder certaines questions par le côté, en se basant seulement sur sa propre expérience - ce qui est d'ailleurs toujours insuffisant mais bon - ou sa culture quotidienne, le caractère "exact" de la science mathématique (modulo le père Gödel) oblige à de longues reconstructions des niveaux inférieurs et théories utiles à son problème, bref à de longues séances de puzzle spirituel et culturel...
L'enclavement des mathématiques, absolument inutiles au quotidien de la communication avec la société, n'arrange pas vraiment les choses !
J'observe dans mon Ecole de statistiques certains se tourner vers les filières informatiques, par passion, vocation ou mode et tourner un peu le dos aux probabilités. J'espère qu'ils ne regretteront jamais leur choix car si l'informatique est un outil, les mathématiques sont le pourquoi et le comment de cette discipline. Bref un niveau supérieur à mon goût... Mais vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord !
En parlant de niveau supérieur, vous imaginez bien que je me suis demandé ce qu'il adviendrait avec les années de ma passion pour Pi et plus généralement de l'intérêt que chacun peut porter à cette fabuleuse constante.
Quatre ans et demi de concubinage pour l'instant et les disputes ne sont pas encore fréquentes, c'est déjà bien, non ?
Faut-il savoir passer à autre chose ou bien garder une tendresse particulière ? J'ai un peu le sentiment que je ne serai pas totalement maître de la réponse à cette question... Faudrait-il déjà savoir où j'en suis... Mais vous, savez-vous seulement pourquoi vous vous promenez sur cette page à la recherche d'une quelconque réponse à une fascination peut-être inconsciente ?
Non, décidément, Pi ne se laisse pas facilement cerner, il y a autre chose par derrière... Vous avez une petite idée ?
D'accord, alors pour l'instant je garde la mienne, et on se donne rendez-vous dans dix ans pour en reparler... Pour que vous puissiez me sauver de l'indifférence qui m'aura peut-être gagné...
Pi, viens à mon secours !

Boris







A bientôt pour de prochaines aventures au pays de Pi le merveilleux (environ tous les deux mois).
Salut !




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