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Boris Gourévitch
L'univers de Pi - V2.57
modif. 13/04/2013



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L'Edito
Novembre - Décembre 2000

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Coucou !
Houlala... Débordé, anéanti... Overbooked comme disent mes collègues de l'Ensai !
Je vous faisais part dans le précédent édito de ce qui touche aux cursus, et même de leurs rapports avec notre constante favorite. Mais l'année n'était pas débutée. Maintenant que je suis plongé dans le grand bain, je cherche des bouées ! Deux cursus, c'est finalement très pénible, bien que l'on s'habitue à tout et que je suis déjà bien content de pouvoir les suivre.
Eh oui, l'année est aussi commencée pour l'immense majorité d'entre vous (oui, car on en connait certains qui... mais bon), et voici les salutaires vacances de la Toussaint. Un des nombreux avantages à écrire ce petit édito tous les deux mois (outre le fait que je dispose de ce laps de temps pour réfléchir à ce dont je vais bien pourvoir vous parler !) est qu'il coïncide précisément avec les vacances scolaires, me dégageant un petit créneau pour me lâcher, dire mes joies et mes peines, vous donner des nouvelles (souvent rassurantes) de notre petit Pi, etc... Enfin à ceux que cela intéresse, même si je m'en sers également personnellement comme exutoire.
A cheval entre les grandes vacances et les fêtes de noël, il est encore un peu tôt pour tirer un bilan de cette année, je m'y emploierai dans la prochaine édition. Non, pour cette fois, je n'ai pas vraiment de fil directeur, je vais voguer au fil des petites choses qui me viennent à l'esprit et que je voudrais vous dire.
Tout d'abord le temps me manque vraiment pour mettre à jour le site. Ce n'est pas nouveau, je prévoyais cette issue délicate la dernière fois, mais c'est une réalité. J'ai plusieurs projets dans la tête, mais chacun d'eux réclame beaucoup de temps et d'investissement, les deux m'étant à peu près impossibles à satisfaire pour l'instant. Mathématiquement parlant, il faudra attendre le début de l'année prochaine pour que je vous propose quelques additions. J'envisage toujours (bah depuis un an...) de parler des stats et de Pi, et certainement qu'une jolie page sur les approfondissements actuels dans les formules BBP fera son apparition, mais chut ! C'est une surprise !
Donc pour le moment, je distille un peu de commercial, c'est vrai... des votes, de la musique, des photos, on tourne autour de Pi sans vraiment lui rentrer dedans. Patience pour les matheux !
D'autre part, je ne le dirai jamais assez, mais voir la courbe des visiteurs m'enchantera toujours ! Je ne comprends pas pourquoi à certaines périodes, il y a des afflux massifs, des périodicités cachées, mais je ne boude pas mon plaisir. Vous n'imaginez pas combien ce site représente pour moi le seul moyen d'exister auprès de l'extérieur. J'imagine qu'à mon âge (21) on doit nourrir de réelles ambitions empreintes de naïveté et penser à sa future brillante carrière. Etant embarqué dans les filières scientifiques et plus précisément matheuses, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Le domaine est très difficile et la recherche par exemple ne fournit une reconnaissance qu'à ses plus brillants éléments qui se comptent sur les doigts d'une main par génération. Quant aux entreprises, la noyade est programmée en attendant d'accéder à quelques responsabilités illusoires. Bref je ne peux pas me plaindre, j'en ai conscience, mais avouez qu'exister au milieu de cette fourmilière n'est pas simple. Je vénererai l'internet pour cette seule raison.
Regardez en arrière d'ailleurs. Rendons hommage à nos illustres ainés en la matière. Cette année, outre la très symbolique année des mathématiques, je me suis rendu compte que l'on fêtait (hum... justement) les 80 ans de la mort de Srinivisa Ramanujan ! Cet être exceptionnel par bon nombre de ses aspects s'est éteint le 26 avril 1920 précisément et je m'en veux de ne pas l'avoir remarqué en début d'année...
Puisse cette page contribuer encore une fois à le faire connaître, lui qui est célébré par quelques uns de nos mathématiciens contemporains, mais pas encore assez à mon goût. Autodidacte parfait, passionné, doué d'une intuition complètement géniale et encore incomprise, il est le pourquoi et le comment du raisonnement mathématique dans un certain sens. Car il semble bien que l'idée de démonstration ne lui était pas très familière, mais il sentait les mathématiques, les chiffres, comme on ne peut même pas l'imaginer. Il est un défi à ceux, trop nombreux encore, qui avancent l'abstraction totale des nombres, et sont persuadés que les mathématiques ne sont qu'une vue de l'esprit et un jeu intellectuel. A mon sens, par sa passion constante jusque dans la maladie, son extraordinaire affinité avec les chiffres, il nous donne l'impression qu'il existe un univers tout aussi réel mais transparent, dans lequel les nombres s'enfilent naturellement et dirigent le monde qui nous entoure. Quelques uns sont capables de double vision, et tout semble alors facile ! Que ne nous aurait-il pas produit si il était resté un peu plus longtemps vivant... Hardy racontait que même lorsqu'il était très malade, il continuait à révéler bon nombre de résultats, et si la quantité était un peu amoindrie, la qualité ne l'était point.
Bref, c'est l'archétype parfait du génie que l'on ne comprendra peut-être jamais, et malheureusement comme beaucoup d'entre eux, son existence fut courte. Ne tombons pas dans les regrets éternels et inutiles, mais pensez à Galois, Abel, Eisenstein pour les plus célèbres...
J'ai rencontré il y a peu une personne qui me demanda justement à quoi pouvait bien servir la recherche en mathématiques. Heureusement que je ne lui ai pas parlé de Pi !
Passionnée de littérature, elle considérait que ce domaine était tout aussi réel et guidait sa vie. Racines familiales, engagement, foi, raison de vivre, tout lui était fourni par quelques livres ou plutôt par le livre en général. Vous voyez le tableau. Je n'ai sans doute pas fini de réfléchir au choc qu'elle m'a créé ! Si je devais développer tout ce qui m'est venu à l'esprit en ordre dispersé depuis notre dialogue, peu de gens auraient le courage et la force surhumaine de finir cet édito déjà tradionnellement long !
Car ses arguments étaient tout aussi remarquables que sa sincérité. Tout à coup, j'avais en face de moi une personne vivant sans la science, seulement nourrie par ses rêves poétiques et s'en portant très bien. Ne croyez pas que naïvement je ne pouvais penser qu'une telle personne existait, mais avoir un si grand extrême devant mes yeux et le reste... la relativisation fut immédiate. Comment dans ces conditions essayer d'intéresser par la science, de raccrocher les mathématiques au réel, d'expliquer une passion aussi irrationnelle pour un nombre ??...
Et puis le mot fut lâché, irrationnelle...
Finalement, moi aussi je rêvais, j'étais guidé d'une certains façon, bien que je me serve parfois opportunément de Pi pour exister justement. En fait, Pi me donnait des solutions à certains problèmes comme le précédent, et rien ne pouvait justifier que ce soit cette constante en particulier qui se soit penchée sur mon berceau et celui de quelques autres illuminés. Je ressemblais à cette belle inconnue sans m'en apercevoir. Et grâce à elle, je pouvais mieux me cerner par ce que je n'étais pas, mais aussi entrevoir une certaine nature de la science mathématique consistant tout simplement en une recherche particulière de la compréhension du monde qui nous entoure, effectuée par des aficionados (des gens très doués aussi). Mais chacun à notre niveau nous pouvions contribuer d'une certaine manière à la diffusion de cet univers. Cela répondait à sa question originelle de la motivation et l'utilité des mathématiques.
Et j'en vins à apprécier à sa juste valeur la magnifique répartition des goûts de l'espèce humaine. Chaque domaine a ses inconditionnels. En tant que statisticien amateur et forcené, cela me sauta aux yeux... Est-ce dû au hasard génétique, à la structure socio-économique du pays, un peu des deux ? En tous les cas, Pi ne contribue pas seulement à m'affirmer. La réciproque est vraie ! Car finalement, que Pi ait ses passionnés et ses spécialistes mathématiciens reconnus, c'est peut-être aussi la plus élémentaire démonstration que Pi est dans l'ordre des choses, bref que Pi existe tout simplement !

Boris







A bientôt pour de prochaines aventures au pays de Pi le merveilleux (environ tous les deux mois).
Salut !




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