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9 Polygamma et Clausen(cas Une autre plongée dans les cas particuliers de la fonction
9.1 Fonctions polygammaLes fonctions polygamma sont définis pour
On a donc bien affaire à des séries hypergéométriques :
On remarquera que pour Cependant, si j’ai introduit les polygamma apr leurs séries pour faire le lien avec ce qui nous intéresse ici, il faut bien savoir que la
définition usuelle des polygamma se fait en utilisant justement la célèbre fonction Gamma
et l’on peut définir En fait, je suis parti de la jolie formule rappelant la fonction Partons de l’égalité bien connue
soit la formule suivante
Grâce à la non moins fameuse équivalence de Stirling étendue à la factorielle non entière on a pour
en décomposant et en sortant le
soit
Ceci nous donne la version logarithmique de la fonction Gamma
qui est équivalente à la formulation de la fonction par le produit infini de Weierstrass pour les intimes. En effet, en prenant en compte que
A partir de là, on peut partir dans de folles dérivations (dont nous tairons la justification rigoureuse par souci de légèreté) et retrouver facilement les fonctions polygamma et digamma communément définies. En effet, une première dérivation donne
puis une seconde dérivation fournit
et ainsi de suite. Bref, vous l’aurez compris, on joue ici avec la fonction Gamma et ses dérivées.
9.2 La fonction digammaNous avons vu la définition de la fonction digamma plus haut (317). Celle-ci est intéressante dans la mesure où lorsqu’elle fait faire intervenir
du
De par la formule 317, la constante Aux points rationnels, la fonction digamma nous dévoile son intimité grâce au théorème du digamma de Gauss, qui dit que
pour On voit bien ici l’intervention de
9.3 Polygamma d’ordre
Plouffe a mis en évidence sur sa page de nombreuses relations entre les fonctions polygamma d’ordre
9.3.1 Liens avec les intégrales des formules BBPBien que ces relations aient été mises en évidence plus tardivement, ceci n’est rien d’autre que les formules BBP sans puissance
Pour cette raison, les démonstrations des formules se font exactement de la même manière que dans le paragraphe consacré aux formules BBP.
9.3.2 Une approche graphiquePlouffe a approché les relations linéaires d’un autre point de vue que les formules classiques, c’est celui du lien linéaire. En effet, en cherchant
systématiquement les relations pour les polygamma d’ordre En ce qui concerne les notations, on remarquera que la dérivée de la fonction digamma est la fonction polygamma d’ordre 2 : Un premier exemple est fourni avec les constantes
Ici, il faut comprendre que le circuit entre
Comme le dit Plouffe , il faut noter que si l’on introduisait Je reprends aussi ses commentaires, que du bon sens, qui indiquent par exemple sur ce diagramme que l’on ne peut apparemment pas
trouver de relation dans La symétrie qui apparait dans ce schéma (et parfois d’autres) est souvent due à des formules analytiques de symétrie, ici par exemple, on a
ce qui fournit bien des relations rationnelles au moins pour Enfin, quelques liaisons entre polygamma rationnels sans Voici les autres diagrammes construits par Plouffe : Ordre 2
Ordre 3
9.3.3 Traduction analytiqueVoici quelques exemples de relations, où l’on voit également apparaitre le dilogarithme ! On pourra retrouver l’ensemble des
relations découvertes par Plouffe à cette page et naviguer parmi les sections consacrées à la constante gamma d’Euler, à
![]()
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entre autres... Démonstrations Voici la preuve d’une formule, pour l’exemple : La plus connue est certainement
Preuve. La preuve utilise ici la série et la représentation intégrale. On peut déjà noter en effet que d’après la forme de l’intégrale équivalente (voir 322), soit en équivalent série
Le membre de droite est la définition de la constante de Catalan On peut aussi voir cela plus directement par manipulation de la série d’Euler
en coupant la série selon les pairs et impairs, soit
A partir de là, on a bien Ce genre de preuve facile mais caractéristique se retrouve dans toutes les relations de cette section. On bidouille la série, ou l’on revient aux intégrales (voire un peu des deux !). C’est souvent plus facile que pour les formules BBP proprement dites car l’intégrale considérée est toujours entre 0 et 1 (sous sa forme usuelle).
9.4 Combinaisons de KölbigUne approche puissante provient d’un article fondateur de K.S. Kölbig [15] qui met en relation les polygamma et les fonction de Clausen. Une petite présentation s’impose !
9.4.1 Fonctions de ClausenLes fonctions de Clausen sont définies par des séries qui semblent tout de suite intéressantes !
On a en effet immédiatement La dissimétrie de la définition (pourquoi ne pas considérer
ou encore
C’est un des jolis problèmes mathématiques de comprendre pourquoi cela ne se passe pas aussi bien dans les deux cas ! C’est un écueil
équivalent à celui qui concerne les valeurs paires et impaires de la fonction Un résultat classique (puisqu’il en existe tout de même !) est que
ce qui est une bonne façon de lier les deux constantes ! Les fonctions de Clausen sont connues pour être exprimables en fonction de constantes connues uniquement pour un petit nombre de
valeurs de
9.4.2 Les résultats de Kölbig.Introduction Pour arriver aux résultats de Kölbig, on peut tout d’abord remarquer qu’une intégration fournit
par décomposition de la fraction en éléments simples. La relation est valable pour Ensuite, la relation de continuité d’Abel permet d’écrire que pour la fonction digamma, Voilà. Ordres supérieurs Et en fait, Kölbig a obtenu des résultats tout à fait similaires, mais sur les dérivées de la fonction digamma, que l’on sait être les polygamma. Au lieu d’avoir des logarithmes, on a des polylogarithmes (logique !) et au lieu d’un logarithme fonction de l’exponentielle complexe, on a des polylog de l’exponentielle complexe, que l’on sait justement être des fonctions de Clausen d’après 344 ! Tout ceci est donc très cohérent et fournit les relations de Kölbig suivantes
qui se prouvent directement depuis la définition des polylogarithmes en sommant sur
On pourra remarquer que l’on obtient la fameuse formule de multiplication des polylogarithmes en faisant Je ne vais pas rentrer dans les détails des neuf pages de la partie démo de l’article de Kölbig mais le principe est ensuite le suivant :
comme le membre de gauche est réel, on prend la partie réelle du membre de droite et l’on calcule la dérivée de
pour
Théorème 15 de Kölbig
et pour les ordres pairs, pour où Des applications Plus haut (342), on a montré que
mais on peut aussi noter que l’on a
ce qui permet d’obtenir les valeurs pour
et de réflexion
mais le principal intérêt de ces formules est de fournir des valeurs pour On retrouve ainsi les relations (325), (331), (332), (335) et (336) données par Plouffe . Retour à la page d'accueil |