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Quelques anecdotes sur la vie des mathématiciens



Il existe sur le web bon nombre d'anecdotes, mais peu en français (voire pas du tout ?), et comme je suis passionné par la vie des mathématiciens (serait-ce le fruit d'une frustration sous-jacente ?), je me propose de vous faire découvrir quelques-unes des histoires connues ou moins connues. Tout cela pour nous rappeler que ce sont bien des hommes eux aussi ! Pour les biographies complètes, cliquer sur les photos et vous atterrirez sur la plus géniale et complète encyclopédie (en Anglais...) du web. Les liens sur les noms renvoient à mes pages.

Tranches de vie :

Abel (norvégien 1802 - 1829) :
Niels Abel passe son adolescence à la Kathedralskole de Christinia où il est régulièrement battu par son cruel professeur Bader. Ce dernier est renvoyé après avoir battu à mort un de ses élèves. Il est alors remplacé par Holmboe qui est à peu près tout son contraire tant il fait preuve de pédagogie et de savoir. Découvrant le talent d'Abel, il s'enthousiasme d'ailleurs et écrit sur son carnet : "A l'excellence de son intelligence s'unit une passion et un intérêt insatiable pour la mathématique, si bien qu'à n'en pas douter, s'il lui est donné de vivre, il deviendra probablement un très grand mathématicien."
Le principal de l'école avait d'ailleurs tempéré l'ardeur de son enseignant qui avait écrit initialement "le plus grand mathématicien du monde" !




Archimède (grec 287 av J.C. - 212 av J.C.) :
Lors de l'attaque de Syracuse par les Romains, Archimède est chargé de défendre la ville. On lui attribue d'avoir incendié à distance la flotte de Marcellus grâce à un jeu de miroirs, mais sur ce point la controverse est vive ! De nombreuses expériences au XVIIe siècle jusqu'au XXe siècle ont été reproduites, mais on n'a jamais pu vérifier réellement la validité de cette légende.
Une autre histoire sur Archimède concerne sa fin. Bien que le général Marcellus ait demandé expressément de sauver Archimède, celui-ci ne connaîtra pas une mort calme. Il était, parait-il, en train de dessiner des figures sur le sol et aurait demandé au soldat qui entrait de s'écarter. Celui-ci, vexé, l'aurait transpercé de sa lance.
Mais le riche intérieur du savant n'est peut-être pas étranger non plus à cet accès de fureur !
Toujours est-il que les Romains lui feront ériger une pierre tombale sur laquelle est inscrite une sphère dans un cylindre. Cette tombe sera redécouverte par Cicéron en 75 av J.C.




Barrow (anglais 1630 - 1677) :
En plus d'avoir été un grand mathématicien et le professeur de Newton, Isaac Barrow fut également un fameux théologien. Il est entré d'ailleurs dans les ordres en devenant prêtre. Non dénué d'humour et de caractère, son examen de passage avec l'aumônier est resté célèbre :

L'aumônier : Quid est fides ? (Qu'est-ce que la foi ?)
I. Barrow : Quod non vides. (Ce que l'on ne voit pas.)
L'aumônier : Quid est spes ? (Qu'est-ce que l'espoir ?)
I. Barrow : Magna res (Une grande chose.)
L'aumônier : Quid est caritas ? (Qu'est-ce que la charité ?)
I. Barrow : Magne raritas. (Une grande rareté.)

Malgré son manque de respect et les hésitations consécutives de l'aumônier, l'évêque reconnut sa forte personnalité et l'admit !




Bhaskara (indien 1114-1185) :
Son père étant astronome et la théologie étant en liaison étroite avec les sciences à cette époque, Bhaskara cumula les fonctions de mathématicien et astrologue. Sa fille Lilavati devant se marier, il calcula immédiatement le jour et l'heure propices au mariage. Mais lors des préparatifs et alors que l'heure avançait, Lilavati perdit une perle qui bloqua l'horloge hydraulique... Le temps de le remarquer et le mariage n'était plus à l'heure favorable, si bien que Lilavati dût rester célibataire. Devant son désarroi, Bhaskara rédigea un ouvrage d'astronomie sous forme de poêmes qu'il intitula "Lilavati " !




Bernoulli Daniel (Suisse 1700 - 1782) :
Le fils de Jean Bernoulli fut le fondateur de l'hydrostatique et s'intéressa aux mathématiques appliquées à la physique. Aussi célèbre que son illustre père, il fut d'ailleurs chassé de la maison familiale par celui-ci lorsqu'ils durent partager le prix de l'Académie des sciences en 1734.
Il aimait aussi raconter l'anecdote selon laquelle il voyageait un beau jour avec une personne d'apparence cultivée, qui ne le connaissait pas et lui demanda son nom.
Il répondit "Daniel Bernoulli", et son interlocuteur, visiblement étonné rétorqua "Et moi, je suis Isaac Newton"
Ce qui fit un immense plaisir à Daniel Bernoulli, sans commune mesure avec les distinctions !




Bienaymé (français 1796 - 1876) :
Le pauvre Jules Bienaymé n'aura pas la chance de ressembler à son nom ! Sa promotion de Polytechnique est exclue en 1816 par Louis XVIII qui trouve aux étudiants un manque de royalisme patent !
Qu'à cela ne tienne, Bienaymé entre à l'Inspection des finances, d'où il est exclu en 1848 pour manque de républicanisme cette fois ! Et pour couronner le tout, il est exclu de son poste à la Sorbonne en 1851 !




Boole (anglais 1815-1864) :
Boole enseignait au Queen's College à Cork et un jour qu'il faisait le trajet de 3 km à pied depuis son domicile et qu'il pleuvait, il attrapa une pneumonie. Sa femme, pensant qu'un remède doit ressembler à la cause, le mit au lit et lui jeta des bassines d'eau dessus pendant plusieurs jours !
Ce qui eut pour effet d'achever prématurément une carrière brillante...





Borel (français 1871-1956) :
Pas grand-chose à dire sur cet illustre mathématicien sinon qu'il a réussi l'exploit d'être reçu à 18 ans 1er à l'ENS et à l'X (tout comme Gaston Darboux au siècle précédent). On se sent parfois un peu petit...







Bourbaki (Français 1935) :
Nicolas Bourbaki est, comme c'est assez connu, le nom symbolique d'un mathématicien qui représente en fait toute la fine fleur des mathématiciens français écrivant pour une oeuvre commune. Créé à l'origine par Cartan et Weil, le nom de ce groupe est celui d'un général Français, qu'un des anciens élèves de l'ENS, qui se faisait passer pour un mathématricien suédois, avait cité comme intitulé d'un théorème lors d'un cours.
Les élèves n'y ayant vu que du feu, ils supposèrent Bourbaki russe et lui attribuèrent Nicolas comme prénom. Bourbaki est en fait un mot d'origine crétoise signifiant "Chef des tueurs" !
Dans un des traités de Bourbaki, on trouve au milieu d'un théorème "un ensemble filtrant à droite et à gauche". Dans la version finale de l'ouvrage, ce morceau a été remplacé volontairement par "un ensemble flirtant à droite et à gauche" !




Cardan (italien 1501-1576) :
inventeur du joint du même nom et de la résolution des équations du 3è degré, Cardan était également comme Bhaskara un astrologue réputé. Cependant, ses "exploits" dans ce domaine nous en donnent une image assez amusante. Ainsi en 1552, Edouard VI, malade de la petite vérole, rencontre Cardan et lui demande de lui dresser son horoscope. Cardan s'éxécute et prédit une longue vie au roi... qui meurt l'année suivante à l'âge de 16 ans de la tuberculose !
Ne reculant devant rien, il dresse également l'horoscope de Jésus Christ, ce qui lui vaut un emprisonnement immédiat. Ensuite, il s'occupe de lui et prédit qu'il mourra trois jours avant ses 75 ans. Et pour ne pas combattre le destin, il arrête de s'alimenter peu de temps avant cette date, et il meurt le jour prévu !




Condorcet (français 1743-1794) :
Marquis mais sympathisant de la révolution et Girondin, Condorcet est recherché durant la terreur. Il doit changer de logis chaque jour ce qui est bien fatigant... Entrant dans une auberge un soir, il commande une omelette à l'aubergiste.
Lorsque celui-ci lui demande "Combien d'oeufs ?" quelle n'est pas sa surprise d'entendre comme réponse "Douze !". L'attitude de ce voyageur intrigue d'ailleurs tant l'aubergiste qu'il préfère appeler la police. Cette dernière jette alors Condorcet en prison. Devant les menaces de Robespierre et de ses amis, Condorcet choisit de se suicider. Petite cause, grands effets...




Euler (suisse 1707-1783) :
Inutile de présenter celui qui est considéré par certains comme le plus grand mathématicien de tous les temps. Terriblement prolifique, il publie plus de 800 pages par an !! Doté d'une mémoire fabuleuse, il calcula une nuit d'insomnie les puissances 6è de tous les entiers de 1 à 100 et s'en souvint plusieurs jours plus tard. Une fièvre brutale lui fit perdre son oeil droit.
A la cour de Berlin, Frédéric le Grand, préférant les esprits brillants comme Voltaire aux scientifiques efficaces, le traite de "cyclope mathématique". Sa progéniture est tout aussi prolifique puisqu'il aura treize enfants. Euler n'avait pas son pareil pour rester patient avec eux et continuer à jouer tout en rédigeant un article... Il s'éteint à 76 ans alors qu'il buvait tranquillement le thé.
Sa mort est d'ailleurs relatée par un de ses amis : Le matin, il donna comme à son habitude des cours à ses petits neveux, et déjeuna normalement. Puis en milieu d'après-midi, alors qu'il prenait le thé, il s'écroula subitement en lachant ces derniers mots : "Je meurs...". Il avait en effet été victime d'une attaque cérébrale...




Fourier (français 1768-1830) :
Dès l'âge de 12 ans, Joseph Fourier est doué d'un talent d'écriture, tant et si bien que les dignitaires du diocèse lui demandent d'écrire leurs discours !
Dans ce milieu religieux, il n'hésite pourtant pas à voler des morceaux de chandelle pour s'éclairer le soir et pouvoir dévorer le soir les oeuvres de Bézout et Clairault.
Fourier étudie aussi beaucoup la propagation de la chaleur. Obsédé par elle, malade, il pense que la chaleur peut seule le sauver, surchauffe exagérément son logis et meurt d'un arrêt cardiaque !




Hamilton (irlandais 1805-1865) :
Très précoce, on raconte qu'il parle 13 langues à 13 ans ! Passionné de littérature, il écrit d'ailleurs des poèmes et ose les montrer à son ami le poète Wordsworth. A la lecture de ceux-ci, Wordsworth l'aurait encouragé à écrire dans le domaine des mathématiques !!!
Devenu mathématicien, il cherche après le plan à étendre les complexes à l'espace. Le 16 octobre 1843, alors qu'il se promène avec sa femme le long du Royal Canal à Dublin, un de ces éclairs de lucidité, dont seuls les mathématiciens ont le secret, le frappe et il se rend compte qu'une transformation géométrique de l'espace nécessite 4 scalaires réels. Tout à son euphorie, en traversant le Brougham Bridge, il grave sur une pierre du pont i2=j2=k2=ijk=-1. Ce qui donne naissance aux quaternions !
Les conditions de recherches d'Hamilton sont restées célèbres... Il travaille en effet dans sa salle à manger. Mais sa femme est assez mauvaise ménagère et lui amène périodiquement des côtelettes de mouton et de l'alcool, ce dont il ne manque pas d'abuser... Après sa mort, on fouilla dans ses papiers et l'on découvrit d'ailleurs des paquets d'os entre deux pages !




Hardy (anglais 1877-1947) :
Godfrey Hardy était célèbre pour sa dextérité calculatoire. Un jour, un de ses amis lui propose le problème piégé suivant : 2 trains partent de 2 gares distantes de 160km et roulent l'un vers l'autre à 80 km/h en ligne droite. Un bourdon part avec le premier train à 100 km/h et suit la voie. Il fait demi-tour lorsqu'il atteint le 2è train, et encore lorsqu'il rejoint le premier et ainsi de suite. Il tombe mort lorsque les 2 trains se croisent. Quelle distance a-t-il parcouru pendant son trajet ?
(question valable également pour vous !)
Hardy réfléchit quelques secondes seulement et répond "100 km".
"Quoi, vous avez trouvé l'astuce?" lui répond dépité son ami. "L' astuce, quelle astuce ? J'ai calculé pour chaque trajet la distance parcourue, j'ai trouvé le terme général d'une série convergente que j'ai sommée et j'ai trouvé 100".
Mais comme le bourdon volait pendant 1h à 100 km/h, il n'y avait peut-être pas besoin de chercher loin !
Plus tard, pendant un cours, il énonce un résultat et affirme en justification "c'est évident...". Puis, il se gratte la tête, se demandant "Mais au fait, est-ce évident..." pendant plusieurs minutes en tournant. Il sort de la salle devant ses élèves un peu étonnés, et revient 5 minutes plus tard. Il lance alors "oui, c'était évident !"




Hippase (grec Ve av. J.-C.) :
Faisant partie de l'école pythagoricienne pour laquelle tout est fondé sur les entiers, il divulgue la découverte de l'irrationnalité de 21/2. Selon la légende, en ces temps où la mathématique se devait d'être parfaite et réglée sur les entiers, il est jeté à la mer par ses condisciples et meurt noyé !




Laplace (français 1749-1827) :
Napoléon était un grand admirateur des savants. Ayant rencontré et sympathisé avec Laplace, qui était d'ailleurs son examinateur à l'école militaire, il le nomme ministre de l'intérieur. Cependant, la carrière politique de Laplace ne durera pas plus de 6 semaines, car l'Empereur en vient à constater rapidement l'incompétence de celui-ci et ne manque pas alors d'ironiser dans ses mémoires :

"Géomètre de premier rang, Laplace ne tarda pas à se montrer administrateur plus que médiocre; dès son premier travail nous reconnûmes que nous nous étions trompé. Laplace ne saisissait aucune question sous son véritable point de vue: il cherchait des subtilités partout, n'avait que des idées problématiques, et portait enfin l'esprit des `infiniment petits' jusque dans l'administration." !


Victor Hugo nous raconte ensuite qu'Arago se rappelait l'anecdote suivante : Quand Laplace eut publié son Traité de Mécanique céleste, disait-il, l'Empereur le fit venir. Il était furieux :
"Comment, s'écria-t-il en apercevant Laplace, vous faites tout le système du monde, vous donnez les lois de toute la création et dans tout votre livre vous ne parlez pas une seule fois de l'existence de Dieu !
Sire, répondit Laplace, je n'avais pas besoin de cette hypothèse."

Pour finir sur les relations privilégiées entre l'Empereur et le savant, après que Napoléon eut rapporté quelques résultats nouveau de géométrie élémentaire, Laplace lui lança, non sans ironie :
"La dernière chose que nous attendions de vous, Général, est une leçon de géométrie !"




Lie (norvégien 1842-1899) :
Créateur des célèbres groupes du même nom, outre ses aptitudes intellectuelles, Sophus Lie est doué d'une force physique peu commune.
Pendant la guerre de 1870, Lie est à Paris et décide ainsi de partir à pied (!) pour l'Italie. Dessinant alors, au cours d'une pause, des paysages devant des fortifications près de Fontainebleau, il est arrêté pour espionnage. Au procès, le président du tribunal lui demande de faire un cours pour prouver qu'il est bien mathématicien. Lie n'a pas d'autre choix que d'user de toute sa pédagogie ! Mais, résultat inattendu, le président du tribunal comprend toutes les paroles de Lie et le juge bien piètre mathématicien. Lie doit alors faire appel à ses amis Parisiens pour se sortir de ce mauvais pas !
Un autre jour, il se promène dans un costume primitif lorsque, coïncidence, un meurtre est commis dans la région. Les recherches commencent et l'officier de paix, apercevant Lie, pense avoir là trouvé son coupable. Il s'élance à sa poursuite à cheval, mais Lie, très athlétique, ne sera jamais rattrapé !
Il voulut aussi apprendre à nager à son neveu en le jetant d'une barque dans l'eau glacée avec une simple ceinture de liège. Mais par fort vent ce jour là, le vent éloigna le bateau de l'enfant. Les spectateurs commencèrent à s'affoler ! A la suite de cette aventure, Sophus Lie devint le mauvais héros de nombres d'histoires chargées d'effrayer et de calmer ainsi les enfants turbulents de la région de Tvedestrand !




Moivre (français 1667-1754) :
En 1730, Abraham de Moivre donnait une évaluation asymptotique de l'écart entre la probabilité à priori et à posteriori. Pour de Moivre, ceci prouva l'existence de dieu qui maintenait d'une main ferme les fluctuations du hasard.
Infatigable, il se contentait par ailleurs de 6h de sommeil. Ayant atteint les 87 ans, il se mit à dormir bizarrement un quart d'heure de plus chaque nuit. Il calcula alors qu'il décèderait dès qu'il atteindrait les 24 heures, ce qui se réalisa effectivement !




Neper (écossais 1550-1617) :
Neper est un original et n'a de cesse d'appliquer ses idées farfelues ! Il possède ainsi une grande propriété et rale contre le voisin qui laisse ses pigeons dévorer les semences de ses champs. Il menace celui-ci de les confisquer s'il ne fait rien. Le voisin le prend alors pour un fou, et accepte le défi de Neper. Mais celui-ci, dès le lendemain, ramasse les pigeons chancelants sur son champ. Il avait imbibé les grains de whisky !
Son originalité dérange tant que, comme souvent à cette époque, certains le croient adepte de magie noire... Dans sa demeure, Neper se trouve confronté à des problèmes de vol. Il annonce que son coq noir magique va identifier celui des serviteurs qui le vole. Chacun d'eux doit passer dans une pièce obscure et caresser le coq, que Neper a malicieusement enduit de suie auparavant ! Craignant d'être reconnu par l'animal, un des serviteurs n'ose pas le caresser, revient la main propre et est ainsi démasqué !




Newton (anglais 1642-1727) :
Isaac Newton a, semble-t-il, eu une certaine attirance pour les animaux. Outre le cheval qu'il pratiquait, il eut un chat et un chien. Cependant, il ne fut pas très chanceux avec ces deux derniers animaux ! Le premier devint complètement obèse, car il passait son temps à manger et son maître était trop absorbé par ses recherches pour s'en apercevoir ! Quand au second, le chien, il répondait au nom de Diamond et eut la mauvaise inspiration de faire tomber un bout de chandelle sur les papiers de Newton. Celui-ci se mit en colère contre son chien et lança : "Oh Diamond! Diamond! thou little knowest the mischief done'' !
Très célèbre de son temps, le pape Alexandre aurait affirmé à propos de Newton : "La nature et les lois de la nature restaient enfouies dans la nuit. Dieu dit : Ainsi soit Newton ! Et la lumière fut !"




Oughtred (anglais 1574-1660) :
Il était un travailleur infatigable, se couchant tard, passant parfois une ou deux nuits d'affilée sans dormir, et il gardait près de son lit son briquet et son encrier, au cas où lui viendrait une idée. Son cerveau était constamment au travail. Complètement désintéressé par sa santé, il mourut de joie à 86 ans en apprenant la restauration de Charles II sur le trône d'Angleterre !




Pascal (français 1623-1662) :
Le 23 novembre 1654 entre 10h30 et 12h30, Pascal tombe en extase religieuse et abandonne les sciences pour la théologie, ce qui est resté célèbre. Un soir de 1658, pourtant, un violent mal de tête l'empêche de s'endormir. Il décide alors de réfléchir à la Cycloïde pour ne plus y penser. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant que les douleurs cessèrent alors aussitôt ! Il en conclut par la suite que c'était certainement un signe de Dieu, lequel devait aimer les mathématiques !




Plateau (belge 1801-1883) :
Joseph Plateau est un adepte de l'extrême ! S'intéressant à la persistance rétinienne, il élabore une expérience complètement folle : au cours de l'été 1829, il fixe le soleil de midi durant 25 secondes pour en tester sur lui-même les conséquences ! La rétine gravement brûlée, il lui faudra plusieurs jours et il endurera une souffrance atroce avant de recouvrer la vue. Mais ayant trop subi de sequelles, quatorze ans plus tard, il deviendra définitivement aveugle...




Ramanujan (Indien 1887-1920) :
Son collègue Hardy nous raconte : "Je me souviens être allé le voir lorsqu'il était malade et alité à Putney. J'étais monté dans un taxi dont la plaque avait pour numéro 1729 et remarqua que ce nombre me semblait bien triste. J'espérai que cela n'annonça pas un mauvais présage...
"Non", répliqua Ramanujan, "C'est un nombre très intéressant, c'est le plus petit des entiers exprimables comme somme de deux cubes, de deux façons différentes" !!
Je lui demandai si il savait quel était le suivant. Il réfléchit et me dit qu'il n'en voyait pas d'autre proche...
En fait, depuis, on a calculé que le suivant est plusieurs dizaines de milliers plus tard !! " Ces nombres sont d'ailleurs appelés de nos jours les Taxicab numbers !




Russel (anglais 1872-1970) :
Un étudiant demande un jour à Bertrand Russell : "Prétendez-vous que de 2 + 2 = 5, on peut déduire que vous êtes le pape?"
"Certainement, répliqua le grand logicien... Réfléchissez un peu. Supposons que 2 + 2 = 5. En soustrayant 2 de chaque côté du signe égal, on obtient que 2 = 3. Par symétrie, on a aussi que 3 = 2 et, en soustrayant un de chaque côté, 2 =1. Maintenant le pape et moi nous sommes deux, mais, puisque 2 = 1, le pape et moi ne sommes qu'un, et donc je suis le pape."



Schwartz (français 1915 - 2002) :
Laurent Schwartz faillit rater son admission à l'Ecole normale supérieure. N'étant pas très à l'aise avec la pression de l'écrit, il termina dernier admissible au concours ! Heureusement, sa maîtrise mathématique lui permit de se rattraper et il se classa premier à l'oral !
Anecdote pour topologues : Lors d'un voyage en Pologne, à Varsovie il me semble, Laurent Schwartz vit un panneau indiquant la place Banach. "Je me dois d'y aller" se dit-il, et il attendit l'autobus. Mais lorsque les portes de celui-ci s'ouvrirent, le conducteur lui lança : "Ne montez pas, c'est complet !"




Serre (français 1926) :
J.-P. Serre est un de nos plus célèbres mathématiciens contemporains et médaillé Fields en 1954. S'interrogeant sur la théologie, il discuta avec Dieu lors d'un rêve. N'ayant jusque-là échangés que des banalités, Dieu lance soudain : "Il y a quelque chose que je dois t'avouer : je n'existe pas.". J.-P. Serre lui répond alors : "Je le savais depuis longtemps ".
"Ah, alors cela n'a pas d'importance", lui répondit Dieu. Et ils se séparèrent avec un bon sourire.




Stifel (allemand 1486-1567) :
Stifel, réformateur passionné par le mysticisme des nombres prophétisa la fin du monde pour le 3 octobre 1533 (déjà !). Prêchant dans les campagnes, il réussit à convaincre de nombreux paysans de quitter leur terre. Le jour dit arriva, rien ne se produisit et Stifel, pour échapper à la colère de ses "disciples", dut se réfugier en prison.
Par ailleurs spécialiste d'arithmographie et antipapiste militant, Stifel démontra que le pape Léon X était la bête de l'apocalypse. En effet, c'est assez subtil, en latin on dit Leo DeCIMVs X, qui donne DCLXVI après avoir enlevé M pour mystère ; or, ceci vaut 666, c'est-à-dire le nombre de la Bête du dernier livre de la Bible !




Torricelli (italien 1608-1647) :
Evangelista Torricelli était un esprit d'une rare sensibilité. Ainsi, lors de publications parallèles, il fut bouleversé d'être traité de plagiaire par Gilles de Roberval. Il en mourut de consternation et de chagrin l'année suivante !






Turing (britannique 1912-1954) :
Après la seconde guerre mondiale, le grand logicien Alan Turing chercha un moyen de se débarrasser du stress accumulé et trouva son bonheur dans la course à pied. Il n'était d'ailleurs pas mauvais du tout dans cet exercice puisqu'il décrocha les records du 3 et 10 miles dans la course du Walton Athletic Club ! Mais sa nature logique ne manquait pas de réapparaître assez systématiquement. Ainsi, pour ne pas perdre trop de temps et s'organiser au mieux, il s'entrainait et utilisait ses capacités en course à pied entre les différentes bibliothèques scientifiques concernant ses recherches !
Il se suicida (selon toute vraisemblance) à l'âge de 42 ans le 7 juin 1954 d'une pomme au cyanure de potassium dans un moment de fragilité mentale... Les raisons de cet acte sont toujours un peu mystérieuses aujourd'hui, mais elles tournent autour de 3 pistes.
En premier lieu, Turing était persuadé qu'un mathématicien commençait à décliner passé la quarantaine, et il se trouvait justement dans une période de dépression à cette époque.
Il passait son temps également à synthétiser des nouvelles sustances, qu'il avait l'habitude de tester sur lui-même sans souci de sécurité, d'après sa mère qui soutient la thèse de l'accident.
Enfin, il fut condamné pour homosexualité, puis obligé de subir un traitement chimique, ce qui a peut-être aussi joué un rôle dans son suicide...




Wiener (américain 1894-1964) :
Norbert Wiener appartient au petit groupe des mathématiciens forts distraits ! On raconte qu'un jour, assis à une table de la bibliothèque universitaire, il semblait plongé dans une profonde réflexion.
Un étudiant ayant pourtant besoin de lui poser une question, il s'approche, intimidé, et lui dit : "Pardon, Monsieur Wiener...".
"Merci, merci" répond celui-ci, sortant de sa torpeur, "Voilà le nom que je cherchais !"



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